Interview- Dr Ndam Nguh-Mbi « En regardant en arrière, je suis comblé ; mais j’ai encore beaucoup à donner à l’humanité »

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Docteur Ndam Nguh-Mbi

Radiologue et promoteur du Centre de Radiologie et d’Imagerie Médicale de l’Ouest à Bafoussam, il revient sur la genèse et l’évolution du centre, les difficultés rencontrées et les projets, à l’occasion du 20e anniversaire du CRIMO Sarl.

Pouvez-vous nous raconter la genèse du CRIMO de Bafoussam et nous parler de son évolution ?

Le CRIMO voit le jour en 2003 avec un petit appareil échographe et un radiographe mobile. Quelques mois après nous avons acquis un radiographe numérique et un échographe un peu plus professionnel. Avec le temps, nous avons pu acquérir d’autres matériels à l’instar des échographes que nous renouvelons tous les quatre ans, des mammographes que nous changeons régulièrement pour rester à la pointe de la technologie ; plus récemment nous avons acquis un scanner de 64 barrettes et un IRM de 0,35 tesla. Aujourd’hui donc le CRIMO Sarl offre des services en Echographie, Radiologie, Mammographie, Gynéco-obstétrique, Panoramique dentaire, Scanner et IRM.

L’évolution du CRIMO ne porte-t-elle que sur le plateau technique ?

Non. En plus de l’acquisition de nouveaux appareils, il est essentiel de noter que les locaux qui abritent le CRIMO ont été rénovés et le standing revalorisé. En effet pour s’arrimer aux normes internationales, nous avons construit des bâtiments et aménagé des espaces de travail aux dimensions professionnelles pour l’accueil et le suivi des patients.

Du côté du personnel, l’évolution est très remarquable, je peux le dire. En 2003, lors de sa création, le CRIMO comptait trois personnels à savoir : une secrétaire, un technicien de radiographie et moi-même. Aujourd’hui, le CRIMO Sarl a un effectif de 18 personnes parmi lesquels de très bons techniciens de radiographie, quatre radiologues dont deux permanents et 2 à distance ; bref, tous les départements au CRIMO sont bien équipés.

Pouvez-vous nous faire une présentation sommaire de ces bâtiments ?

CRIMO Sarl c’est désormais deux bâtiments indépendants qui forment deux blocs. Le bâtiment A est celui de nos débuts. Il abrite à présent les services de Mammographie, de Panoramique dentaire, de Radiographie pour examens spéciaux et l’IRM en plus de quelques bureaux pour des consultations. Le bâtiment B quant à lui est plus récent, on y retrouve au sous-sol le Scanner, le service d’Echographie, la salle de Radiographie numérique, la salle des machines d’impression des divers examens, les bureaux administratifs et les salles d’attente standard et VIP.

En 20 années d’existence, quelles sont les difficultés auxquelles le CRIMO est confronté ?

Comme toute œuvre grandissante, le Centre de Radiologie et d’Imagerie Médicale de l’Ouest fait face à de nombreux défis. Premièrement, le coût élevé des impôts et taxes, qui occasionne un grave préjudice dans l’amortissement et le retour sur investissement des appareils ; nous implorons donc les pouvoirs publics à s’y pencher à nouveau. En second lieu et ce n’est pas l’apanage seul du CRIMO, les conditions financières difficiles des populations qui, malgré les prix bas pratiqués n’ont parfois pas de quoi prendre en charge leurs factures. Heureusement nous avons un service social opérationnel au CRIMO pour gérer de manière consensuelle de tels cas pour le moment.

Suite à toutes ces innovations, CRIMO Sarl reçoit-il suffisamment de patients ?

Nous pouvons reconnaitre que nous avons suffisamment de patients, au vu de notre zone de couverture. Rappelons que le CRIMO reçoit des patients des dix régions du Cameroun et même d’au-delà de nos frontières, des pays de la sous-région Afrique. Par semaine, CRIMO Sarl reçoit en moyennes 250 patients pour tous types d’examens. Certains patients nous sont même parfois recommandés de l’Etranger.

Comment vous rassurez-vous de la qualité de vos résultats ?

 Tellement je suis regardant quant à la qualité des résultats que nous faisons les examens selon les normes, nous prenons du temps avant de poser les diagnostics, nous avons une plateforme de spécialistes avec lesquels nous discutons souvent de cas difficiles, et avec notre expérience en la matière jointe au matériel de dernière génération, nous pouvons garantir de la fiabilité des résultats du CRIMO».

CRIMO Sarl fête ses 20 ans. Le centre a-t-il des projets à court et à moyen terme ?

A l’heure actuelle, nous faisons beaucoup d’expertise. Mais, nous ambitionnons désormais servir de centre de référence en matière d’imagerie médicale et pourquoi pas devenir un centre de formation pratique et professionnelle en radiologie. En effet, nous collaborons depuis quelques années avec des instituts de formation des techniciens de radiologie de Douala, Yaoundé, de l’Université des Montagnes et bien d’autres dont nous recevons les étudiants en stage.

Un mot à l’endroit de ceux qui voudraient collaborer avec le CRIMO ?

 Nous sommes ouverts à toute collaboration avec des médecins d’ici ou d’ailleurs. N’oubliez pas que les enseignements postuniversitaires que nous organisons depuis bientôt 3 ans est un lieu de rencontre et d’échanges avec les cliniciens et personnel de santé de toute la région de l’ouest, que je remercie. Donc, une collaboration ne peut être qu’une bonne chose à développer pour le bien-être des malades.

Propos recueillis par Adèle BITGA

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